LETTRE à MONSIEUR le MAIRE

 

Mr le commissaire-enquêteur, ingénieur retraité, désigné par le Tribunal Administratif pour l’enquête P.L.U, donne son avis dans son rapport consultable en mairie, en reprenant les arguments donnés par Mr le Maire dans l’article du Messager paru le 7 mars 2013.

Durant l’enquête, quatre membres du bureau de l’association ont déposé un dossier complet accompagné d’une requête signé par 942 Veigyciens, auprès du commissaire-enquêteur. Celui-ci a précisé, lors de cette rencontre, « qu’avec un document aussi complet, il serait difficile de ne pas en tenir compte ».

Nous nous permettons de reprendre chacun des arguments invoqués.

L’association MPVF dont certains de ses membres sont ingénieurs, architectes, précise que :

- ABSENCE DE FONDATIONS

Comme pour toutes les vieilles bâtisses du village, il n’y a pas absence mais insuffisance de fondations puisque calculées pour les charges de l’époque (planchers bois).

Dans le cadre d’une réhabilitation, les fondations peuvent être reprises en sous-œuvre pour supporter les nouvelles charges (dalles en béton armé).

 

- MURS EN MOLASSE

Ils ne sont pas en molasse. Seuls, sont en molasse, les chaînages des quatre angles verticaux ainsi que les encadrements des portes et fenêtres. Les remontées d’humidité pourront être traitées lors des reprises en sous-sol des murs (drainages – injections pour création de barrières étanches, etc…).

Quant aux molasses qui donnent tout son cachet au bâtiment, elles peuvent être restaurées comme cela se fait couramment (église St André d’Annemasse, château de Veigy, fermes de Veigy, et en Suisse voisine : mairies de Jussy et Meinier). Les molasses trop dégradées peuvent être remplacées par du grès des Vosges, de teinte similaire.

 

- ISOLATION

Une isolation par l’extérieur enlèverait tout le cachet du bâtiment et peut être remplacée par une isolation intérieure (comme pour le bâtiment école 1902).

  

- CHARPENTE – COUVERTURE

Nous citons : « Volume non isolé, la charpente est apparente et de belle facture » Rapport CAUE demandé par la mairie en 2005.

Certaines pièces de charpente sont peut-être à remplacer, et la couverture probablement à refaire comme pour l’école 1902.

Le chiffrage a été effectué dans le rapport CAUE et en 2006 par l’économiste JP GALLAY (demande de la mairie).

 

- REGLES PARASISMIQUES

La construction a pendant 165 ans, résisté aux séismes légers de notre région (sismicité faible : classement 1B), puisqu’aucune fissure n’est apparente.

L’exécution de dalles en béton armé avec chaînages permettra de répondre aux normes parasismiques (comme cela a été sans doute fait pour le bâtiment 1902).

 

- ACCESSIBILITE AUX PERSONNES

Elle est envisagée et chiffrée dans le rapport de l’économiste Mr GALLAY (2006) « Création circulation verticale : escaliers – ascenseur ».

 

- ETUDE SECTORIELLE

L’étude sectorielle proposée par le commissaire enquêteur a déjà été demandée en 2005 et réalisée par 4 architectes urbanistes, du CAUE.

En 2006, un autre économiste a été mandaté par la mairie pour un 2ème avis. Cette étude complémentaire chiffre la réhabilitation complète du bâtiment à 730 000 € HT soit 873 080 € TTC valeur janvier 2006. Actualisée selon l’indice BT01 publié dans « le Moniteur du Bâtiment et travaux publics » :

Indice BT01    2013                   877,4  =  1,29

Indice BT01    2005                  679,5

Soit 873 080 € x 1,29 = 1 128 288 € TTC

 

Pour conclure, ce bâtiment ancien n’est certes pas classé, ni inscrit à l’inventaire des bâtiments historiques. En Haute-Savoie, le nombre de ces bâtiments est très restreint. Par contre, de nombreux bâtiments sont restaurés, ce qui montre que le non-classement n’équivaut pas à une sorte de « permis de démolir ».

Si l’on se réfère à l’avis des représentants de l’Association du Patrimoine Rhône-Alpin :

« La maison communale est une des rares mairies-écoles rurales de type sarde de notre département construite dans la période où Veigy-Foncenex, comme la Savoie, toute entière dépendait du Royaume Sarde (1814-1860). Il est le témoin d’une vie communale fort riche qui a vu en 1860 les habitants opter pour la France et la Zone Franche.

Son architecture avec un fronton de type néo-classique, ses pilastres en molasse du genevois, son toit à quatre pans et ses portes cintrées en font un des témoins rarissimes de notre architecture du XIXe siècle. Seules quelques villes de Haute-Savoie ont su garder leur bâtiment sarde qui fait leur fierté actuelle. Nous ne connaissons pas dans les environs d’équivalent pour un ancien bourg rural.

Alors que votre commune est en croissance forte, il est important de conserver les repères qui marquent l’évolution de la commune pour le transmettre aux générations futures. Comme le CAUE, nous pensons que les constructions les plus anciennes « sont un enjeu important en terme d’image et d’identité de la commune » et que « l’image revendiquée par la commune repose sur la pérennité du centre et le maintien du bâti ancien. Par leurs volumes, leurs modes d’implantation et leurs caractéristiques architecturales, elles préservent l’organisation historique du village ».

La destruction de l’ancienne mairie créerait une rupture irrémédiable du centre historique du village et serait, de plus, une perte pour notre patrimoine départemental.

Nous connaissons nombre d’exemples où des bâtiments de ce type ont été sauvés de justesse et qui font aujourd’hui la fierté de leur commune et de leurs élus. Les générations futures nous jugeront autant par ce que nous avons préservé que par ce que nous avons construit ». 

Citations relevées dans le courrier du 05.04.2011 adressé à Mr le Maire de Veigy

 

A Veigy-Foncenex,   le 17 avril 2013

 

Marie-Claude Hermann

Présidente